Le pays
Les patrimoines
Cahier de liens
Contact
Click for Sofia, Bulgaria Forecast

 

  Histoire

 

D'illustres prédecesseurs : les Thraces

 

Avant l'arrivée dans les Balkans - Les Proto-Bulgares

de wikipedia et plus

 

Les Proto-Bulgares sont un ancien peuple d' Asie centrale .

Ils entrent dans l' Histoire dans l' Antiquité tardive , avec d'autres peuples migrateurs, en s'établissant dans les années 530 entre le Dniepr et le Don , sur le territoire de l'actuelle Ukraine , alors sous domination des Khazars . Affranchis de ceux-ci, ils y créent ensuite la Vieille Grande Bulgarie sous le khan Koubrat , avant de se séparer au VI e  siècle en deux groupes, les Bulgares orientaux et les Bulgares occidentaux [ 1 ] .

Les Bulgares occidentaux sont à l'origine de l'État de Bulgarie . Ils ont laissé leur nom au peuple actuel des Bulgares , qui tire son origine du mélange de populations proto-bulgares, slaves et byzantines .

Les Bulgares orientaux fondèrent au Moyen Âge la Bulgarie de la Volga , sur le territoire de l'actuelle Russie .

Les Proto-Bulgares migrent des steppes du nord du Caucase et de la mer d'Azov . Plusieurs théories difficiles à départager ont été proposées sur leurs origines.

Les théories plus récentes les rattachent aux peuples habitant l'Asie Centrale et de langue iranienne, dont tous les souverains portaient des noms iraniens (les descendants actuels de ces peuples sont les Tadjiks ). Toutefois, certains éléments turcophones étaient venus se joindre à eux à diverses époques.

Des découvertes récentes (2010) relancent le questionnement sur l'emplacement du berceau de la Nation Bulgare 1 2

Les plus anciennes font état d'un groupe de Huns qui, après la mort en 453 d' Attila , auraient reflué vers l'Est et l'actuelle Ukraine où trois groupes principaux de peuples, fédérés (ou du moins fortement mélangés), ont joué un rôle de premier plan. Il s'agirait des Bulgares, des Khazars et des Magyars . Le premier était d'origine iranienne , mais dominé par un clan turc  ; le deuxième d'origine turque ; le troisième d'origine finno-ougrienne , mais leurs identités sont incertaines et il semble que tous aient en fait été des confédérations de peuples des steppes d'origine différente.

Les Proto-Bulgares eux-mêmes, ou leur clan dominant, les Doulo (Djula), se réclamaient d'un fils d'Attila nommé Irnik , dont ils conservaient la mémoire au VIII e  siècle , alors qu'étrangement ils avaient perdu celle d'Attila lui-même. Cependant, leurs particularités linguistiques, qui sont encore maintenant celles de leurs héritiers sur la moyenne Volga en Russie (les Tchouvaches ), soulignent qu'une rupture avec le rameau turc commun s'était produite.

Ils furent ainsi confrontés à l'Occident (l'Empire Romain) dès 370 et ont grandement contribué à la constitution de l'Empire Hun dont une part importante de la richesse reposait sur le tribut payé par Rome. En 432, l'empire est doté d'un souverain qui ne règne que 2 ans et à qui succèdent Bleda et Attila, ses neveux. En 441, Attila prend les armes, Rome n'ayant pas versé les sommes convenues par traité, il arrive jusqu'au Danube. En 445, il fait assassiner son frère et 2 ans après repart en campagne vers l'Ouest. Il dévaste les Balkans, arrive jusqu'aux Thermopyles. En 451, en Gaule, il connaît sa seule et unique défaite (aux Champs Cataloniques). Il aura fallu pour cela l 'alliance des Romains et des Germains, et peut-être aussi des lignes d'approvisionnement trop étirées pour les troupes d'Attila ! N'oublions pas que sa cavalerie n'avait que du fourrage pour les chevaux, vu leur nombre, les dernières pâtures adaptées était la plaine de Hongrie ! Il se venge de ce mauvais moment sur l'Italie l'année suivante et meurt en 453.

Sa succession se divise et des membres de la confédération, certainement face à cette absence de pouvoir central fort, prennent leur distance. Les Huns disparaissent progressivement dans l'ombre de l'histoire et d'autres peuples s'affirment, ainsi les Bulgares qui créent 3 grands empires (Grande Bulgarie, Bulgarie de la Volga et Bulgarie) et peuplent, avant le franchissement du Danube par Asparuh, la Macédoine et la Thrace.

On mentionne les Bulgares pour la première fois en 480 dans la zone comprise entre la Mer Caspienne et le Danube en tant qu'alliés du Byzantin Zénon contre les Goths , auxiliaires des Avars qui avançaient vers la Mer Noire en soumettant les peuples vivant au nord de cette mer. Les Bulgares sont alors conduits par des chefs (« gouverneurs ») dont le plus connu est Gostun , qui occupait le pouvoir pendant un laps de temps assez longtemps sans qu'on sache exactement de quand à quand. C'est son neveu Koubrat , cité plus haut, qui fonda la Palaia Megalê Boulgaria des chroniques byzantines, ou Onogurie , vers 585 . Entre 630 et 635 , Koubrat menait des luttes contre les Avars pour se débarrasser de leur tutelle et, en 635 , finit par unir les Avars et les Bulgares ; après les luttes, cette union fut peut-être facilitée par le fait que Koubrat était bulgare par sa mère et avar par son père. Dès lors, Koubrat prit le titre de khan, créant ainsi un puissant khaganat s'étendant sur les territoires qui sont maintenant, pour l'essentiel, ceux de l' Ukraine . Ce vaste khaganat est généralement appelé « la Grande Bulgarie  », et non plus l'Onogurie. Dans sa jeunesse, Koubrat avait été retenu comme otage à la cour de Byzance et ainsi il avait pu assimiler une bonne part de la culture byzantine ; il fut baptisé en 619 et il est mort en 642 (et non en 665 , comme on le prétend parfois).

 

La Bulgarie de Kubrat

Kubrat

 

Le défunt était enterré dans un cercueil en bois avec 250 plats rectangulaires d'or, et un nombre considérable d'ustensiles faits (20 d'argent et 17 d'or) de métaux précieux, des ornements de bras marquetés avec le métal précieux, cor de chasse et cuillère d'or - les symboles de l'autorité, 69 pièces d'or, une boucle de ceinture en or pesant quelques 500 grammes, etc… arrangés autour du corps.

L'identification se fit en 2 temps : les pièces d'or les plus " récentes " dataient de l'an 647, donc la tombe était datable d'après cette date. Et en 1983 le DR W. Seibt de l'institut byzantin de Vienne est parvenu à déchiffrer les monogrammes sur les deux anneaux de signet d'or comme Kkubratu, et de Khubratu Patrichiu (le titre de patricien lui avait été décerné par l'Empereur byzantin). Il n'y avait plus aucun autre doute, c'était bien tombeau de Kubrat Khan, le fondateur de la Grande Bulgarie.

Kubrat a eu cinq fils, un seul pouvait lui succéder, mais la géographie du pays, vastes plaines idéales pour les nomades, étaient militairement indéfendables alors que tant de peuples marchaient vers l'Ouest ! Le partage se fit avec raison et deux des fils de Kubrat surent recréer de " Grande Bulgarie " ! Kotrat le fit en Haute Volga, non loin de la rivière Kama et Asparuh, suivi de l'essentiel des Bulgares se dirigea vers les Balkans. Vers 670, en Homme d'Etat avisé, mais aussi excellent militaire (dualité de règle chez les Bulgares depuis les temps les plus anciens), Asparuh sut négocier des alliances avec les Slaves installés sur place et prendre le dessus grâce à son armée et en particulier l'excellence de sa cavalerie qui fit entendre ses grondements jusqu'aux portes de Byzance à plusieurs reprises !

 

En 480, Byzance signe un accord avec les Bulgares pour qu'ils chassent les Ostrogoths, " barbares " germaniques qui venaient d'envahir la Thrace, déstabilisant sérieusement l'Empire. La valeur militaire des Bulgares fut louée par l'un des vaincus, le poète Ostrogoth Enodius ! Celui-ci salua également la présence de contingents féminins dans leurs rangs ! Les premiers combats eurent lieu en 482 à la demande du Basileus Zeno et en 488, les Goths furent décimés par les forces bulgares et chassés définitivement des Balkans. En 493, les Bulgares reviennent de leur propre initiative cette fois, défont l'armée byzantine et pillent la Thrace…. Avec un dernier intermède sanglant en 499 (la bataille du fleuve Zurta qui coûta la vie à l'entière armée illyrienne) en 502, les razzias annuelles dans les provinces byzantines malgré trois rangs de fortifications supposés les empêcher s'institutionnalisent !

Les Slaves envahissent les Balkans à deux reprises et arrivent jusqu'à 65 kilomètres de Byzance et en 559, ils reviennent encore, accompagnant cette fois les Bulgares menés par le Khagan Zabergan qui, au franchissement du Danube, divise ses forces en trois colonnes. L'une atteint les Thermopyles, l'autre Gallipoli et la troisième entre dans les faubourgs de Constantinople confronter directement l'Empereur à la tête de quelques vétérans…. Cette campagne militaire s'arrête pourtant très vite à cause de l'activité militaire fluviale byzantine sur le Danube (risque de voir la route du retour coupée) et les attaques, une fois le Danube franchit en sens inverse, d'une deuxième branche des tribus bulgares achetée par Byzance !

La diplomatie byzantine tenta d'envoyer les Turcs Ottomans contre les Bulgares, toujours contre versements d'argent, bien mal leur en pris puisque les Ottomans prirent Constantinople en 482 et mirent la ville à sac !

La migration des Slaves prenait des proportions immenses et ce sont plusieurs millions d'entre eux qui s'installaient de la Mer Noire à l'Adriatique, en parfaite osmose avec les populations locales et toujours en opposition à Byzance !

Puis ce fut le tour des Avars avec les deux branches des tribus bulgares (les Utiguri et les Kutriguri) confédérées comme force militaire. En 626, ils étaient aux portes de Constantinople ! En 632, le Khanat avar affaibli, la tribu bulgare des Utigurs prend son indépendance sous l'autorité de son Khan, Kubrat. Il unifia rapidement nombre de tribus bulgares autour de lui, ce qui étendit son royaume d'ouest en est du Dniepr au Kuban et du nord au sud du Donetsk à la Mer d'Azov et la Mer Noire ! Kubrat eu de bonnes et paisibles relations avec Byzance. Il mourut en 651 et sa puissance fut révélée en 1912 dans le cadre d'une découverte archéologique majeure non loin de Poltava en Ukraine : sa tombe !

Les Proto-Bulgares sont supposés avoir établi un Empire sur les rives de la mer Caspienne au second siècle. Celui-ci s'est désagrégé, semble-t-il en raison de la poussée des Khazars au VII e  siècle . Les Bulgares se dispersent vers le nord-est et vers l'Europe centrale. Ainsi, à partir de cette « Grande Bulgarie » des origines, par vagues de migration, se constituèrent des États bulgares plus ou moins durables :

  • les Bulgares orientaux s'établissent sur la haute Volga (plaine de l' Oka ) où ils fondent un état qui a duré cinq siècles, la Bulgarie de la Volga
  • une partie des Bulgares occidentaux migre d'abord vers l'actuelle Macédoine , après avoir suivi le khan des Avars établi dans l'actuelle plaine hongroise (il s'agit des Avars du VI e  siècle proches des Bulgares, à ne pas confondre avec les Avars actuels du Caucase, parlant l' avar moderne) ;
  • et enfin, la majeure partie des Bulgares occidentaux s'établit dans le bassin du bas- Danube où l'état qu'ils ont fondé a abouti, après maintes transformations, à l'actuelle Bulgarie .

Les Bulgares de la Volga

Paradoxalement, l'histoire des Bulgares orientaux, établis sur la haute Volga , est peu connue, bien qu'ils aient probablement continué durant plusieurs siècles à constituer un peuplement localement dominant.

Réunis sous l'autorité d'un khan , ils constituent un second empire bulgare : le Khanat bulgare de la Volga , dans l'actuelle république autonome du Tatarstan . Ils se dotent d'une capitale, nommée Bolgar ou Bulgar et ont un « État » indépendant jusqu'en 1236 – 1238 , date à laquelle leur capitale est détruite par la horde d'Or .

Jusqu'à cette date, les Bulgares de la Volga demeurent unis, sans doute mêlés à des populations slaves et finno-ougriennes . Ils ont des contacts avec quelques tribus turques et avec le califat omeyyade . Certains d'entre eux pouvaient alors être chrétiens, musulmans ou païens.

Néanmoins, en 922 , leur khan Almuch (ou Almos ) se convertit à l' islam et prend le nom de Jaffar . À cette occasion, une ambassade arabe a lieu : l'un de ses membres, Ahmad Ibn Fadlan , a laissé dans son récit Voyage chez les Bulgares de la Volga un des rares témoignages écrits sur les Bulgares de la Volga. Lors du voyage de l'ambassade arabe, un certain nombre de peuples turcs sont rencontrés et décrits, mais à aucun moment Ibn Fadlan ne les rattache aux Bulgares et ne fait même pas allusion à des liens de parenté, ni ne fait remarquer une similitude de langage. Il n'appelle jamais les Bulgares des Turcs et pourtant il semble bien les connaître, ce qui n'a rien d'étonnant vu son rôle d'agent secret au sein de l'ambassade.

Contrôlant cet axe de commerce nord-sud et entre l'orient et l'occident, les Bulgares paraissent alors être devenus de riches commerçants.

En 969 ils se heurtent aux Russes : le prince Svyatoslav met à sac leur capitale. Enfin, au XIII e  siècle , ils sont probablement intégrés au Khanat de la Horde d'Or  : aucune trace postérieure de leur empire ne subsiste.

Les Bulgares du Danube

Les Bulgares occidentaux entrent en scène en s'établissant dans le bassin du bas- Danube , là où des Proto-Slaves avaient pu entrer à la faveur d'invasions des Avars au VI e  siècle . Au nord des monts Haemus , ils fondent un premier royaume au VII e  siècle , sous le règne du khan Asparoukh ou Asparouch . En échange de son concours contre l'Empereur byzantin Constantin IV qui les écrasait d'impôts, Asparoukh fait reconnaître son autorité aux populations d'un Empire romain d'Orient déjà affaibli par d'autres invasions : Thraces et surtout Slaves (de langue slavonne et majoritaires). Après sa victoire, en 681 , Asparoukh se trouve donc à la tête d'un puissant état, dont la population lui est fidèle. Cette fidélité ne se démentira pas dans les siècles suivants.

À l'origine, l' aristocratie guerrière bulgare règne en s'appuyant sur les chefs ( cnèzes ) des populations locales, et met en place les structures d'un pouvoir central dont on ignore à peu près tout. Cependant, les Bulgares du Danube finissent par être assimilés aux Slaves sur le plan linguistique et vont se convertir au Christianisme , au IX e  siècle , à l'époque de Boris I er ( 852 – 888 ), qui est proclamé Tzar (« César »).

À son apogée, l'État des Bulgares du Danube couvrait les territoires des actuelles Bulgarie, Serbie orientale, Macédoine, Grèce septentrionale, Roumanie, Moldavie et Ukraine du sud-ouest. C'était le principal rival de la puissance byzantine en Europe.

Aujourd'hui, si la Bulgarie et les Bulgares actuels doivent leur nom à un peuple d'Asie centrale, la langue bulgare actuelle est une langue slave , et seul un nombre relativement faible de mots provient de la langue des premiers khans bulgares. D'autres termes proviennent des lexiques thrace , latin , grec ou turc , témoignant d'influences multiples et d'une histoire liée à celle des autres peuples balkaniques et des empires voisins, byzantin , puis ottoman .

Notes et références

  1. ? Hans-Erich Stier & al., Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte, 1985, ISBN 3-14-100919-8

 

Bibliographie (sources)

  • Ahmad Ibn Fadlân (1988). Voyage chez les Bulgares de la Volga . Trad. par Marius Canard. Paris. ( ISBN 2727401582 )
  • Shirakatsi, Anania (1992). The Geography of Ananias of Sirak (Asxarhacoyc): The Long and the Short Recensions . Introduction, trad. et commentaire par Robert H. Hewsen. Wiesbaden: Reichert Verlag. ( ISBN 9783882264852 )
  • Johanson, Lars & Éva Agnes Csató (ed.). 1998. The Turkic languages . London: Routledge.
  • Johanson, Lars. 1998. "The history of Turkic." In: Johanson & Csató, pp. 81-125. [1]
  • Johanson, Lars. 1998. "Turkic languages." In: Encyclopaedia Britannica . CD 98. Encyclopaedia Britannica Online, 5 sept. 2007. [2]
  • Johanson, Lars. 2000. "Linguistic convergence in the Volga area." In: Gilbers, Dicky & Nerbonne, John & Jos Schaeken (ed.). Languages in contact . Amsterdam & Atlanta: Rodopi. (Studies in Slavic and General linguistics 28.), pp. 165-178. [3]
  • Rashev, Rasho. 1992. "On the origin of the Proto-Bulgarians." In: Studia protobulgarica et mediaevalia europensia. In honour of Prof. V. Beshevliev . Veliko Tarnovo, pp. 23-33. [4]

 

En 681, s'en était fait, Byzance fut contraint de reconnaître la Bulgarie et lui verser tribu annuel.